C'est dans tous les interstices de sa vie que je dessine dans mes carnets. Installée en Ardèche depuis une dizaine d'années, j'esquisse les gens comme quand j'habitais en ville, mais aussi les arbres, les pierres, les rivières et les chemins... Le chemin et le dessin semblent se suffirent à eux-même. Mes traits de crayon vif, monochromes ou colorés, à la fois anarchiques et construits, font échos à la marche, plongeant activement le spectateur dans le décor. Dans cette itinérance dessinée, je m'attarde sur ce qu'on ne regarde plus : un chemin oublié,une personne âgée transparente dans la masse, une ferme au fond d'une vallée, un type assis dans un bar perdu, un vieil arbre. Je montre l'invisible, l'oublié, le silencieux. Mes dessins suspendent le temps, questionnent le sens, l'acte de tracer, ouvrent les fenêtres sur l'extérieur et l'intérieur, mettent en abîme l'insondable, frôlent l'inconscient. |